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Le Rapport d’activité à l’heure du COVID-19

Dans ce contexte de crise sanitaire et économique liée à l’épidémie du COVID-19, l’exercice de la rédaction du Rapport d’Activité annuel s’est révélé et se révèle souvent complexe cette année.

 


Un constat économique

Récession, chômage partiel, arrêt brutal de certaines activités…, l’État qui vole au secours de certaines entreprises, des patrons qui renoncent à leurs bonus, des dividendes finalement non versées… Bref, difficile pour les entreprises de faire le bilan de leur activité cette année soudainement stoppée ou mise en sourdine par une crise sans précédent. Résultat : éditos réécrits dans l’urgence, portfolios ajoutés, chemins de fer bouleversés, vidéos repensées, assemblées générales tenues à huis clos… Les stratégies pensées des mois auparavant ont dû être revues en dernière minute et s’adapter à ce contexte si particulier.
Le mot « COVID-19 » dont on se serait pourtant bien passé est bien présent dans tous les rapports d’activité car tout a été chamboulé. On en profite pour remercier les salariés pour le dévouement malgré la crise…. Ça c’est fait !

Rassurer par la solidité de l’entreprise

Aux vues des intérêts stratégiques du Rapport d’Activité, les entreprises n’ont eu d’autres choix que de montrer leurs bases solides à coût de chiffres clés et en prenant bien soin de contextualiser ces données par le COVID-19. On montre la performance, pour avoir foi dans l’avenir ! On se retrouve avec un rapport d’activité classique où l’on prend soin de ne pas trop s’avancer sur la stratégie car “on ne sait pas ce que l’avenir nous réserve”. Peur ou manque d’audace, le rapport d’activité n’évoque pas le nouveau monde. La crise n’apparait pas ici comme un levier au changement car la plupart du temps, le changement fait peur sauf quand il s’agit de montrer “qu’on s’adapte” et qu’on est des gens bien car on a mis en place le télétravail”. On rappelle vite fait bien fait les valeurs de l’entreprise, son empreinte patriotique, sa volonté de participer à l’effort collectif qui fait entièrement partie de l’histoire de l’entreprise… Oui, oui… on est dans du pur storytelling ! Point positif ? On met plus en avant les forces humaines de l’entreprise à qui l’on donne la parole et qui humanisent les KPI’S et permettent de mettre un vrai visage sur un travail.

Du storytelling au storyproving ?

Mais la raison d’être issue du storytelling de l’entreprise, élément (trop) Classique, ne suffit plus toujours à rassurer les lecteurs cible du rapport d’activité. Alors, on voit apparaître les figures les plus importantes des entreprises prendre la parole et réaliser des Call to Action. On explique les résultats par les process mis en place et on les justifie par les actions. En appelant à réaliser d’autres actions, on induit la promesse que les résultats seront encore meilleurs. On ne dévoile plus une belle histoire que l’on raconte mais on montre que l’on agit concrètement. Peu ont eu cette audace qui est pourtant de loin la plus rassurante car la plus concrète. Ceux qui s’y sont risqués ont été dignement remarqués. On pense bien évidemment à Auchan pour son soutien au monde agricole ou encore à la RATP sur la gestion des SDF dans le métro parisien, mais aussi à Covéa Finance qui livre une analyse critique des critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance dans la finance.