';

Papier éco-responsable : comment choisir ?

 

La politique d’achat éco-responsable est aujourd’hui au cœur de toutes les entreprises. Le papier, extrêmement présent dans nos activités professionnelles, n’échappe pas à ces préoccupations.
L’industrie papetière a fait d’énormes progrès pour réduire son impact environnemental. Ainsi, il existe plusieurs critères pour bien choisir son papier éco-responsable. L’Agence Bolivie fait ici le point pour mieux vous conseiller.

 


Le papier recyclé

Le papier recyclé est aujourd’hui de qualité équivalente à un papier non recyclé. Il présente l’avantage d’utiliser beaucoup moins de ressources pour sa fabrication.  Issue des papiers récupérés et triés, la fibre cellulose devient une matière première à part entière destinée à être réintroduite dans son circuit de fabrication. Cette seconde vie donnée à un papier jeté permet ainsi d’économiser des ressources naturelles indispensables à la fabrication de papier : fibres vierges, eau et énergie. On diminue ainsi le rejet de CO2. Selon Ecofolio, « fabriquer un papier recyclé permet de diminuer par 3 sa consommation d’eau, par 2 son besoin en énergie et de réduire d’environ 30 % l’émission de CO2 par rapport à la production d’un papier à pâte vierge ». 80% des papiers triés deviennent du papier ou du carton recyclé.

Toutefois, la fibre n’est pas recyclable éternellement.  En effet, la qualité de la cellulose diminue au fur et à mesure des recyclages. Celle-ci pouvant être recyclée jusqu’à 5 fois.

Le papier bien que recyclé implique l’utilisation de ressources. Il n’est pas prouvé qu’un papier 100 % recyclé soit plus vertueux qu’un papier fabriqué à partir de pâte vierge, certifié et fabriqué sur le territoire européen.

Par ailleurs, il faut distinguer le papier recyclé pré-consommation, qui est issu de feuilles non imprimées, correspondant à des déchets de papeteries et le papier recyclé post-consommation qui est du papier issu du tri sélectif qui en plus du process classique de recyclage nécessite un désencrage et un blanchiment qui ont également un coût environnemental par les substances chimiques utilisées. Il existe cependant du papier 100% recyclé non désencré et non blanchi. Le rendu ne ressemble évidemment pas à un papier neuf puisqu’il a une couleur gris-jaune mais il a l’avantage d’être 100% écologique. Ce peut-être un choix judicieux pour un positionnement stratégique affirmant son engagement environnemental.

Bon à savoir : La Loi du 17 Août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte oblige dans son article 79 depuis le 1er janvier 2020 que “40 % au moins des produits papetiers, articles de papeterie à base de fibres et imprimés acquis par les services de l’Etat ainsi que par les collectivités territoriales et leurs groupements sont fabriqués à partir de papier recyclé.”

En réalité, la Loi n’oblige pas à ce qu’il s’agisse de “papier recyclé” à proprement parler mais de papier mixte puisqu’elle définit le papier recyclé ainsi “Un papier recyclé est un papier contenant au moins 50 % de fibres recyclées.” (https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFARTI000031044718)

 

Le papier mixte

Le papier mixte est un mélange de fibres recyclées et de fibres vierges issues de forêts gérées durablement. Il est le plus souvent composé de 50% de fibres vierges recyclées et de 50% de fibres vierges. Ce papier présente l’avantage d’utiliser des ressources recyclées et des ressources nouvelles ce qui en fait un produit de qualité. Comme pour le choix d’un papier issu de fibres vierges, il faut toutefois prendre en compte d’autres critères pour le choisir : les labels et les origines.

 

Le papier issu de forêts gérées durablement

Le papier issu de forêts gérées durablement est produit à partir de fibres de bois vierges issues de forêts dont les ressources sont contrôlées. Concrètement, la forêt où la matière première est prélevée doit s’inscrire dans une démarche durable pour préserver la forêt et la biodiversité de l’impact de son exploitation.

Cette gestion forestière durable a été définie ainsi par la conférence européenne intergouvernementale tenue à Helsinki en 1993 : “La gérance et l’utilisation des forêts et des terrains boisés, d’une manière et à une intensité telles qu’elles maintiennent leur diversité biologique, leur productivité, leur capacité de régénération, leur vitalité et leur capacité à satisfaire actuellement et pour le futur les fonctions écologiques, économiques et sociales pertinentes aux niveaux local, national et mondial et qu’elles ne causent pas de préjudice aux autres écosystèmes.”

En France, il existe 2 cahiers des charges pour permettre une gestion responsable de l’exploitation des forêts :

  • Le cahier des charges pour le propriétaire forestier qui couvre l’ensemble des aspects environnementaux et sociaux liés à la gestion forestière (respect de la biodiversité, des sols, de l’eau ; maintien du couvert forestier et de la capacité de renouvellement de la forêt ; traitements phytosanitaires et utilisation de fertilisants, sécurité du travail en forêt, …)
  •  Le cahier des charges pour l’exploitant forestier dont le respect garantit que les activités d’exploitation forestière aient l’impact le plus faible possible sur la forêt et la biodiversité

Néanmoins, cette gestion n’est pas aussi idyllique que cela. En effet bien qu’il soit évident que ces mesures contribuent à la réduction de la déforestation mondiale, le recours à des plantations d’essences à croissance rapide est problématique pour la biodiversité, les réserves en eau et la qualité des sols.

 

Les labels

Pour vous aider dans votre choix d’un papier éco-responsables, plusieurs labels vous apportent des garanties. Voici les principaux :

  • FSC et PEFC : indiquent que le papier a été réalisé à partir de bois issus de forêts gérées et exploitées de manière durable.
  • ECOLABEL : indique que le papier respecte l’environnement tout au long de son cycle de vie.
  • ANGE BLEU : un écolabel allemand draconien. Il est attribué aux papiers issus de fibres 100% recyclées, justifiant d’une faible empreinte sur l’environnement tant dans sa composition que pour sa fabrication.

 

Des origines produits à éviter

L’industrie du papier est une industrie mondiale. Pour des questions de coûts, la pâte à papier est souvent importée. Ainsi, un produit “Fabriqué en France” ne garantit donc pas forcément que la pâte à papier soit française. Pourtant, l’origine des bois pour fabriquer cette pâte à papier est indispensable à connaître dans une démarche éco-responsable. Des origines sont fortement à éviter car elles contribuent à la déforestation. Il faut ainsi éviter les pâtes à papier d’origine Indonésienne ou Brésilienne car il y a des risques que les bois proviennent de la déforestation, ou encore de monocultures qui se substituent aux forêts naturelles ou d’autres milieux à haute valeur de conservation, comme les tourbières.  Il faut éviter également les pâtes à papier venant de certaines forêts tempérées fortement sujettes à la déforestation. C’est le cas de la Russie, la Roumanie, l’Ukraine mais aussi du Sud-Est des Etats-Unis. Malheureusement, il est très difficile de lutter contre ces déforestations localisées car elles dépendent des politiques environnementales locales et les pouvoirs internationaux n’ont que peu de manœuvres… Récemment, en Pologne, La forêt de Bialowieza, l’une des dernières grandes forêts primaires d’Europe, protégée dans le cadre du réseau Natura 2000, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, s’est vue prise aux griffes des coupeurs d’arbres autorisés par le ministère polonais de l’Environnement en dépit de recommandations de la Commission européenne qui y est opposée.

Recommend
  • Facebook
  • Twitter
  • LinkedIN
  • Pinterest
Share